On poursuit nos retours sur MiXit 2026 avec Clément.

Cette année, le MiXiT fêtait ses 15 ans à Villeurbanne, et l’ambiance était à la hauteur de l’occasion : les crêpes de Raph, l’amphi Hamilton plein à craquer, et un programme qui brassait large entre tech et éthique — la marque de fabrique de la conférence lyonnaise.
Et comme partout en ce moment, l’IA était omniprésente. Mais ce qui rend le MiXiT différent, c’est qu’il ne se contente pas de célébrer les outils : il les questionne. Entre une keynote qui démonte les fondements idéologiques de l’AGI, un talk sur les architectures multi-agents qui ne cache pas les galères, et des sujets plus technique, on est loin du catalogue marketing habituel. Ce mélange de curiosité et de recul critique, c’est finalement ce qui définit bien l’esprit MiXiT.
Les talks incontournables
L’intelligence artificielle générale n’aura pas lieu
La keynote d’ouverture, et probablement l’un des talks les plus marquant de la conférence. Thibault Prévost, journaliste technocritique, remonte aux origines du concept d’AGI pour en décortiquer les présupposés idéologiques — transhumanisme, eugénisme, suprémacisme scientifique. Un réexamen historique bienvenu, à l’heure où les centaines de milliards investis dans l’IA sont justifiés par la promesse d’une « dernière invention de l’humanité ». Un talk qui donne de quoi réfléchir bien au-delà de la salle.
Architectures multi-agents : plus d’agents, plus de chaos !
Marie-Alice Blete part d’une idée reçue — plus d’agents égale plus d’intelligence — pour mieux la démonter. Dans la réalité, ça donne des tokens qui explosent, une latence qui grimpe et une maintenabilité qui disparaît. Le talk explore plusieurs patterns d’architectures multi-agents avec un angle très concret : comment garder le contrôle sur la mémoire, les coûts et la performance. On repart avec des idées applicables très concrète.
Déployer souvent, stresser moins : feature flags en prod critique
Un talk très ancré dans le quotidien des équipes. Marion Chineaud et Elise Souvannavong posent le problème qu’on connaît tous : des PRs qui traînent, un release day qui ressemble à un stress day, et l’illusion que « merger quand tout est prêt » est la stratégie la plus prudente. Leur réponse : séparer merge et release grâce aux feature flags, avec des patterns concrets et des règles d’équipe pour que ça reste maintenable. Pratique, bien rythmé, et directement discutable le lendemain au bureau.
Le futur du développeur : IA, compétences et obsolescence
Dans ce talk, Estéban Soubiran pose la question frontalement : quelles compétences ont encore de la valeur quand l’exécution devient largement automatisée ? Et surtout, comment continuer à progresser quand on apprend de plus en plus en supervisant une machine plutôt qu’en produisant soi-même ? Leur thèse est claire — il ne s’agit pas d’une évolution de plus, mais d’une vraie rupture — et ils en tirent un cadre concret de priorisation des compétences, aussi bien pour les juniors que pour les seniors. Un talk qui touche à quelque chose qu’on ressent tous un peu, mais qu’on n’ose pas toujours formuler aussi directement.
Article rédigé par Clément